Il était une fois...

 

...une petite fille qui décida d’aller porter une rodhocrosite à sa mère grand, qui avait un binoculaire. La petite fille, qui s’appelait Denise, avait acheté l’échantillon à la bourse minéralogique de Brie-Comte-les Goguettes, bourse qui avait lieu chaque année, en même temps que la kermesse locale, et dont le bourgmestre était fier d’annoncer qu’elle ne manquait pas de rassembler annuellement, près de dix exposants et une bonne centaine de visiteurs venus des villages environnants.

La maman de Denise avait récemment confectionné pour sa fille un petit anorak tout bleu, auquel elle avait rajouté une capuche rouge récupérée sur une vieille blouse achetée en soldes chez Wibra. Pour cette raison, dans le village, la jeune enfant était surnommée « La petite fille à l’anorak bleu mais à la capuche rouge ». C’est un peu long mais que voulez vous.

Affublée de son nouvel anorak, qu’elle trouvait d’ailleurs fort moche parce que, il faut bien le dire, sa mère ne sait pas coudre, Denise gambadait dans la forêt, son caillou à la main. Elle se réjouissait de montrer son achat à sa mamie. Pour sûr, cette dernière serait verte de jalousie. Depuis sa thrombose, mémé ne pouvait plus sortir de chez elle, et encore moins se rendre à la bourse du village. Une douleur pour cette grande collectionneuse dont la petite fille ne manquait jamais de souligner l’infirmité en exposant sous son nez les cailloux les plus affriolants.

Alors qu’elle marchait, perdue dans ses pensées, son baladeur MP3 dans les oreilles, elle rencontra  Jean Lou de la queue Grise, le propriétaire de la fôret de Brie-Comte-les goguettes, jeune aristocrate aux dents longues et amateur de minéralogie à ses heures.

« Mais c’est la petite Denise ! Où vas-tu d’un pas si alerte ? » Minauda le jeune homme.

« Je vais chez ma mamie. Je veux lui montrer cette belle pierre. » Répondit la fillette.

Joignant le geste à la parole, elle exhiba le cristal rouge vif à la vue de l’homme dont les yeux s’allumèrent immédiatement.

« Oooooh, quelle est belle ! » Miaula-il.

« N’est ce pas ! Bon, il ne faut pas que je traîne. Si j’arrive trop tard, mémé se sera endormie devant la télévision.»

Et alors que Denise continuait son chemin, insouciante, Jean Lou grimpa dans sa jeep dernier modèle et mis le cap sur la villa de mémé Josette, mémé Jo, comme on disait dans le quartier.

La vieille dame était assise dans son sofa, son chat sur les genoux. Elle regardait Joséphine ange gardien, vous savez, la série avec Mimie Mathy où que c’est elle qui sauve tout le monde à la fin.

Jean Lou tira la chevillette. Puis, n’obtenant pas de réponse, enfonça son doigt sur la sonnette, qui sonna (ben oui, on aurait pu croire qu’elle allait danser ou faire trois tours sur elle-même mais elle se contenta de sonner… ce que c’est bête une sonnette !).

Poussy (c’est le nom du chat) poussa un miaulement (logique, pour un chat) désapprobateur alors que sa maîtresse se levait (enfin, disons qu’elle quittait simplement son sofa pour se glisser dans la chaise roulante) pour aller voir qui osait interrompre son feuilleton. A la vue de Jean Lou, elle ouvrit la porte et l’invita à entrer.

Que va faire jean Lou ? Denise pourra-elle sauver sa mémé ? Détruira-elle Godzilla ?


La suite au prochain numéro.

 

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